Prenons des nouvelles de Daniela Silivas (ROU) !

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Prenons des nouvelles de Daniela Silivas (ROU) !

13 avril 2016

Désormais entraîneur aux USA, la célèbre star Olympique a parlé avec l’UEG de sa vie après la gymnastique, le test event à venir et les Jeux Olympiques.

Pour toute personne aimant la gymnastique, Daniela Silivas n’a pas besoin d’être présentée. La charmante roumaine est une légende vivante qui a su combiner de grandes difficultés avec une artistique magnifique. Montant sur la scène des Championnats du Monde 1985 à Montréal, où elle a obtenu un parfait 10 sur son chemin pour rafler le titre du Monde à la poutre, Silivas a révélé en 2002 qu’elle n’avait que 13 ans à ce moment. On lui avait donné un passeport avec une nouvelle date de naissance et elle a été envoyée pour concourir avec les seniors ; l’âge limite pour participer aux ChM était de 15 ans. 1987 était sa meilleure année ; elle a dominé les Championnats d’Europe dans la « fosse aux lions » à Moscow, et elle est repartie avec les médailles d’or du concours général, des barres, de la poutre et du sol, et une d’argent au saut ! Aux Championnats du Monde 1987, Silivas a mené l’équipe roumaine au titre du Monde, battant leur plus grande rivale, l’Union Soviétique, pour la première fois depuis 1979. Une chute peu typique de la poutre en qualifications et un exercice peu stable aux barres l’a privée de la course pour le titre mondial du concours général, qui est revenu à sa co-équipière Aurelia Dobre. Aux Olympiades de 1988 à Séoul, elle est devenue une vraie star, égalant le record de Nadia Comaneci de 7 scores parfaits et retournant en Roumanie avec 6 médailles : 3 d’or, 2 d’argent et 1 de bronze, la seule gymnaste à gagner une médaille à chaque concours.

Après l’effondrement du Communisme, Silivas a déménagé aux USA. Elle travaille en tant qu’entraîneur en Géorgie (état), s’est mariée et a eu 3 enfants : 2 garçons et une fille. Voici sa vision sur les chances de la Roumanie au test event, ses sentiments Olympiques et pleins d’autres choses !

UEG : Pouvez-vous nous dire ce qui s’est passé dans votre vie après votre carrière gymnique ?

Silivas : Après la Révolution Roumaine en 1990 j’ai décidé de prendre ma retraite. Les choses avaient radicalement changé en Roumanie et j’étais prête pour le prochain chapitre de ma vie. Je n’ai jamais pensé que j’habiterais aux États-Unis, mais j’y suis allée après que des amis m’aient encouragé d’essayer.

UEG : Vous avez gagné 3 médailles d’or aux finales par agrès aux JO 1988 mais avez manqué de peu la victoire du concours général. Avec le recul, que pensez-vous de cette compétition ?

Silivas : Pour moi, les Olympiques de 1988 étaient une superbe compétition. Je ne regarde pas en arrière avec des regrets, mais je suis fière de mes performances. J’ai fait mon travail et peu importe où les juges m’ont placé ils ont fait leur travail. J’ai beaucoup accompli à ces JO, je suis très fière d’avoir 6 médailles Olympiques et un mouvement nommé d’après-moi. C’est un bon sentiment quand je rencontre des fans qui me disent que je les ai inspirés pour commencer la gymnastique. Par exemple, mon meilleur ami Justen regardait les JO et n’avais jamais vu la gymnastique. Il m’a regardé au saut et a décidé qu’il voulait essayer la gymnastique. Des années plus tard, nous nous sommes revus et il m’a expliqué comment je l’avais inspiré pour commencer un parcours en gymnastique. Des moments comme ceux-là m’aident à repenser à Séoul avec dignité. De temps en temps je regarde en arrière avec tristesse, mais seulement pour ce que je ne pouvais pas contrôler.

UEG : Comment avez-vous vécu l’expérience des Jeux Olympiques, dans la salle, mais aussi la vie dans le Village et toutes les effervescences autour ?

Silivas : Les Olympiques sont toujours un événement spécial pour toutes les personnes impliquées. En 1988, la Roumanie était encore un pays communiste et nous étions sous l’œil attentif de Securitate [police secrète roumaine]. Mes co-équipières étaient comme mes sœurs, donc nous avons tout vécu ensemble. Partout où nous allions, nous devions avoir un garde avec nous. Cela me paraît étrange maintenant, mais à ce moment-là c’était juste la vie. Nous ne connaissions rien d’autre.

UEG : Le 10 parfait ne fait plus partie de la gymnastique depuis 10 ans. Est-ce que vous aimez le système de note sans limite ? Quels sont les avantages/désavantages des deux ?

Silivas : Je suis une fan de la vieille époque de la gymnastique. Toujours travailler et faire des efforts pour atteindre ce parfait 10.00. Dans cette ère, nous voyons une augmentation en difficulté, mais je crois qu’il y a aussi une diminution en exécution et artistique. Maintenant, les gymnastes et entraîneurs ont une mentalité différente, pensant plus à la note-D et moins à la note-E. Nous avions des exercices obligatoires, les éléments devaient être exécutés suivant le manuel pour éviter d’avoir des déductions. Désormais, tout est ouvert à l’interprétation.

UEG : Vous avez récemment posté une photo de vous et de votre fille faisant le même exercice à la poutre. Quels conseils lui donnez-vous ? Est-ce qu’elle réalise à quel point sa maman était une superbe gymnaste ?

Silivas : Je souhaite toujours qu’elle fasse l’expérience de la joie de la gymnastique. Je veux qu’elle trouve ses propres ailes et qu’elle ait l’opportunité de faire ce qu’elle veut. Nous ne parlons pas vraiment de ma carrière de gymnaste, mais récemment elle a regardé des vidéos de moi sur YouTube et m’a posé des questions concernant les compétitions.

UEG : Avec Larisa Iordache hors du test event à cause d’une blessure, d’après vous quelles sont les chances que la Roumanie se qualifie aux Jeux Olympique en tant qu’équipe ?

Silivas : La blessure de Larisa est dévastatrice pour l’équipe roumaine. J’ai eu de la chance de passer du temps l’été dernier en Roumanie et d’avoir pu regarder l’entraînement des juniors à Deva. Les filles doivent se rappeler de se battre, pas seulement pour elles, mais pour la tradition de la gymnastique roumaine. Je suis persuadée qu’en compétition vous pouvez avoir n’importe quel résultat, vous ne savez jamais ce qui peut se passer. Ces filles doivent garder en tête de se battre pour tout, si elles le font je crois qu’elles peuvent se qualifier en tant qu’équipe pour Rio.

UEG : Quelles sont vos prédictions pour les Olympiades de Rio ? Quelles compétitions attendez-vous le plus et pourquoi ?

Silivas : Habitant aux États-Unis et travaillant comme entraîneur, je comprends le système qu’ils ont mis en place. Les Américaines sont l’équipe à battre à Rio et la finale du concours général sera un spectacle de leurs meilleures stars.

UEG : Quel est votre souvenir préféré en gymnastique ? Et dans la vie en général ?

Silivas : Mon souvenir préféré en gymnastique était de remporter la médaille d’or du concours général des Championnats d’Europe 1987 à Moscou, URSS. Se rendre en Union Soviétique et présenter ses performances devant leur foule locale et gagner est un sentiment que je n’oublierais jamais. Sans oublier de mentionner l’énorme vase en cristal qui était presque aussi lourd que moi ! La médaille d’or par équipe aux Championnats du Monde 1987 est un bon souvenir. J’ai tellement de bons souvenirs, c’est difficile d’en choisir qu’un seul. J’ai beaucoup de souvenirs dans ma vie, et en choisir un seul est également difficile. Mon mariage avec mon mari, Scott Harper, la naissance de mes trois magnifiques enfants. Ma famille et amis. Je me sens tellement chanceuse et bénie d’avoir une vie si incroyable !

UEG : Comment vous sentez-vous quand vous voyez des gymnastes faire un des mouvements portant votre nom ?

Silivas : Je suis honorée quand je vois une gymnaste faire un de mes mouvements d’il y a 28 ans. Je me souviens d’avoir présenté mes exercices sur des équipements très différents. Les sols et poutres sont très différents d’avant !

UEG : Vous êtes connues pour votre expression, dance, difficulté et superbe exécution. Que pensez-vous des gymnastes artistiques féminines de nos jours ? Y a-t-il un mouvement maintenant que vous auriez souhaité faire ?

Silivas : La gymnastique de cette ère est principalement basée sur la note-D. Alors que j’étais une gymnaste qui présentait des exercices difficiles, je devais aussi maintenir un haut niveau artistique. Mes exercices étaient assez difficiles pour commencer à 10.00 ; il y avait plusieurs mouvements plus difficiles que j’aurais pu présenter, mais je n’avais aucune raison de le faire. Je ne les ai jamais présentés en compétition internationale, mais j’ai fait un double salto au sol et une sortie complète à la poutre.

Merci beaucoup Daniela !

Photos : Daniela Silivas-Harper