Melitina Staniouta désire promouvoir la Gymnastique Rythmique aux Jeux Européens 2019 à Minsk

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Melitina Staniouta désire promouvoir la Gymnastique Rythmique aux Jeux Européens 2019 à Minsk

12 janvier 2018

Partie à la retraite après les Olympiques 2016 à Rio, la médaillée d’Europe et du Monde de la Biélorussie parle de sa carrière, de son futur et des deuxièmes Jeux Européens, qui seront organisés dans « sa » ville, Minsk.

L’année prochaine, en juin 2019, les 2èmes Jeux Européens seront organisés dans la capitale biélorusse de Minsk. Le bureau de presse de l’événement a rencontré la légende biélorusse de la rythmique, Melitina Staniouta afin de parler de son parcours et de son implication pour les Jeux 2019 à venir. Appréciez leur interview !

Melitina, la majestueuse gymnaste, a accumulé plus de 20 médailles lors des Championnats d’Europe et du Monde depuis 2009. Elle a aussi participé aux Jeux Olympiques, de Londres 2012 et Rio de Janeiro 2016, et est rentrée avec 4 médailles des premiers Jeux Européens en 2015 à Bakou (AZE), prouvant ainsi qu’elle est indéniablement une incroyable athlète. La victoire n’a pas été facile pour Melitina. Elle a connu une mauvaise blessure dans sa carrière, un pied cassé. Avec des broches toujours dans sa jambe et malgré la douleur, elle s’est entraînée, a fait ses performances et a gagné la médaille de bronze à la Coupe du Monde.

Étendre les frontières

Sans aucun doute vous préférez un style de vie actif et vous avez déjà visité plus de 40 pays. Cependant, vous avez certainement fait face à la situation quand des étrangers demandent ce qu’est la Biélorussie. Quelles sont les possibilités d’amener la lumière sur la Biélorussie et les 2èmes Jeux Européens ?

Je dirais que ces dernières années je n’ai pas constaté une réelle méprise, de quoi ou où est la Biélorussie, les gens font toujours des associations. Par exemple, beaucoup d’étrangers connaissent Dasha Domracheva [triple Championne Olympique en biathlon]. Je crois que c’est en relation avec le succès sportif de notre pays et avec la politique du libre accès pendant cinq jours, ce qui a rendu l’accès à la Biélorussie beaucoup plus facile. Ou pour ceux qui ne nous connaissent pas, les Jeux Européens à Minsk peuvent vraiment être un moyen compréhensible et effectif d’étendre les frontières.

Pensez-vous que les 2èmes Jeux Européens puissent contribuer à la popularisation de la gymnastique rythmique en Biélorussie ?

Oui bien sûr ! Il n’y a pas d’autre réponse. Toutes ces compétitions majeures, dont nous sommes l’hôte, sont couronnées de succès, en particulier, les Championnats d’Europe que nous avons déjà organisés à deux reprises. Les stades sont tout le temps pleins. Nous parlons de stades tels que la Minsk-Arena, qui rassemble un grand nombre de spectateurs. Ils aiment tous la gymnastique rythmique. Ils ne sont pas simplement la maman, la tante ou d’autres parents de quelqu’un. De plus, je suis certaine que nos filles vont avoir les meilleurs résultats. Il n’y a pas de doute pour moi. Je suis déjà une athlète expérimentée et j’espère qu’Alina Harnasko fera de son mieux. Elle est très talentueuse. Elle a eu une sévère blessure au genou, et je sais ce que c’est de revenir après une opération. C’est toujours difficile, surtout quand vous commencez à monter en tant qu’athlète. Mais je suis sûre que ça la rendra plus forte et si elle s’en sort de cette situation pour les 2èmes Jeux Européens, elle prouvera de quoi elle est capable.

Qu’elle est votre impression la plus mémorable des Jeux Européens à Bakou ? Vous avez participé à beaucoup de Championnats d’Europe et du Monde ainsi que deux Jeux Olympiques. Y avait-il quelque chose de spécial et mémorable aux Jeux Européens et pourquoi ?

Pour être honnête, au début, nous n’y comprenions rien. Il y a les Jeux Asiatiques et Panaméricaines, mais nous avons les Championnats d’Europe. Ensuite nous avons vu un vrai Village Olympique, des salles énormes, des gens autour de nous qui étaient engagés envers les Jeux Européens. Je veux spécialement mentionner leur nouvelle arène. Elle a vraiment l’air cool ! Comment nous le voyons : les gymnastes rythmiques concourent dans cette arène et c’est tout. À Bakou, tout était fait différemment. Les gymnastes, acrobates, et les représentants d’autres sports concourraient dans la même arène et en même temps. Ceci a probablement été fait pour attirer plus de spectateurs. Juste une place énorme ! Normalement, dans les coulisses tout le monde connait tout le monde, qui va derrière qui. Là, tout était différent et c’était difficile de nous orienter. Donc, une si grande arène nous a même désorientées au tout début.

Avez-vous eu la chance de voir Lady Gaga ? Nous avons appris que vous vouliez aller la voir en concert.

Oh, malheureusement nous ne sommes pas allés. Nous n’allons que très rarement à la cérémonie d’ouverture, et je n’étais pas non plus à la cérémonie de clôture. Tout était beau à Bakou, mais malheureusement, nous n’étions pas en mesure de voir tout ce que nous voulions voir.

“Un événement d’une ampleur totalement différente”

Y avait-il un désir de concourir aux Jeux Européens à Minsk ? Je suis sûr que vous auriez-eu beaucoup de soutien

J’aimerais beaucoup ! Vous savez, quand on me demande quelle compétition était la plus dure, pour moi les Jeux Olympiques viennent en premier, parce que c’est totalement différent, et ensuite viennent les Championnats d’Europe à Minsk. Vous savez comment tout le monde se prépare pour ça : pas seulement les gymnastes, mais aussi les entraîneurs sans oublier le reste du staff. Même le comptable ne fait pas seulement son travail ! Tout le monde prépare un événement prestigieux et en comprend la signification et la responsabilité. Et ceci est seulement pour un Championnat en gymnastique. Ces Jeux Européens sont d’une ampleur totalement différente.

Comme je peux m’en souvenir, je me sentais tellement nerveuse avant d’entrer en scène aux Championnats à Minsk. Mais quand vous êtes dehors, les spectateurs aident toujours beaucoup, donc il y avait une grande contradiction dans les sensations. Avant d’aller à l’arène c’est terriblement dur, juste catastrophique, et quand vous êtes déjà dans l’arène ça devient beaucoup plus facile de fouler le sol de chez soi, il y a un sentiment de fierté. Par conséquent, ce serait super de participer aux 2èmes Jeux Européens à Minsk, mais je devrais passer beaucoup de temps et d’efforts à m’entrainer. Si les Jeux Européens avaient eu lieu en 2018, j’y aurais participé. Et donc maintenant, seulement lors du Gala. Nous pouvons coopérer avec Naviband. Nous avons un super spectacle biélorusse sur la chanson « Rechanka ».

Minsk ou New York ? Minsk bien sûr !

Revenant aux voyages. En considérant le grand nombre de pays que vous avez visités, qu’est-ce que la Biélorussie a que les autres n’ont pas ? Il y a certainement des choses qui vous manquent quand vous êtes à l’étranger ?

Oui, ça me manque vraiment, mais c’est plus abstrait. Comme on dit, la maison c’est où on se sent bien. J’ai visité beaucoup de pays qui m’ont donné beaucoup d’émotions positives. Quelque part il fait chaud, quelque part les rues sont accueillantes, quelque part il y a des fruits exotiques, quelque part quelque chose d’autre. Mais retourner à la maison est toujours un moment heureux, peu importe le temps qu’il fait. Depuis 24 ans, j’ai des souvenirs de tous les endroits ici, ici vivent les personnes que j’aime. Et en général, c’est où je suis devenue ce que je suis. C’est ma ville préférée, tout simplement ; j’aime Minsk. Quand je suis à l’étranger, je compare toujours toutes les villes avec Minsk, les considérant côte à côte. Nous avons déjà notre mode, nos endroits magnifiques, nos petites ruelles et nos parcs historiques …et bien, nous avons tout. Et même quand vous êtes à New York, les parcs de Minsk vous manquent, vous ne pouvez comparer cette ville à rien ! Aussi, les gens me manquent toujours. À propos, de mon point de vue, les gens deviennent plus gentils, en quelque sort plus polis. Avant dans les magasins en Europe c’était incroyable pour nous d’entendre un « bonjour » ou un « au revoir », mais maintenant c’est totalement normal. J’aime cette tendance.

Quel pays vous a le plus impressionné et pourquoi ?

C’est une bonne question. Je dirais que j’aime la Slovénie, même si j’ai seulement été dans une ville, Maribor, mais j’ai eu une impression vivante. J’aime ces villes historiques et élégantes. Si je dois choisir un pays, c’est l’Italie, parce que c’est vraiment différent. Il y a des montagnes, et la mer, et les îles, et de la nourriture délicieuse, et les gens ont le cœur sur la main. Oh, une fois j’ai été en Belgique, à Antwerpen, juste avant Noël. Il s’est avéré que c’est une ville magique avec pleins d’histoires de Noël. Tout brillait … comme des marionnettes. L’ambiance en général était géniale.

Concernant le travail, les hobbies et les vacances

A quoi occupez-vous la majeure partie de votre temps dans le domaine du travail ?

Je travaille comme présentatrice TV sur la deuxième chaîne nationale. J’ai ma propre petite émission de sports, donc je continue à passer le plus clair de mon temps dans le sport. Mais, j’ai dû apprendre à parler joliment et correctement, afin de développer le système de discours et de travailler différemment. Ces cours m’ont apporté du plaisir. Nous avions une bonne prof et je regrette qu’elle ne travaille plus avec nous. En général, j’aime étudier. Je souhaite apprendre une autre langue et je veux vraiment finir d’apprendre l’italien. J’ai essayé d’apprendre avec des livres, mais ça ne fonctionne pas – vous lisez et ensuite ça sort de votre tête. J’aimerais aller en Italie, parler cette langue sans cesse pendant un mois et être plongée dans l’environnement de la langue. Au fait, je suis souvent invitée au Japon, et j’ai quelques connaissances de leur vocabulaire gymnique.

Du côté du travail, je donne aussi des workshops et je prends part à diverses performances lors de galas. J’ai déjà mentionné mon spectacle, qui a été préparé pendant longtemps avec Naviband. Ils m’ont beaucoup aidé avec la musique. Il s’est avéré que c’est réellement un spectacle national de la Biélorussie, ce que je voulais vraiment avoir. Les dernières années j’ai vécu avec la pensée « il est nécessaire de faire quelque chose de national ». J’avais différentes idées, mais il n’y avait pas de musique qui allait. C’était difficile de trouver une chanson qui allait pour danser. Il fallait avoir quelque chose de moderne, sympa à entendre, et quelque chose qui resterait en tête. Un jour je marchais dans un centre commercial et j’ai entendu la chanson « Rechanka » de Naviband et j’ai immédiatement réalisé que cette chanson était vraiment cool.

Un temps, vous parliez d’une carrière d’entraîneur. Qu’en pensez-vous maintenant ?

Je ne l’exclue pas. En outre, je fais ce travail quand je suis invitée à des workshops. C’est une opportunité de voir le monde, de communiquer avec des nouvelles personnes, d’apprendre de nouvelles choses et d’apporter mes connaissances. En fait, entraîner est un travail infernal. J’ai réalisé cela et maintenant je comprends mieux mes entraîneurs. Je les remercie infiniment pour leur patience. Ils m’ont tout appris, parce qu’en effet, c’est très difficile. Spécialement la gymnastique rythmique, ce n’est pas comme entraîner la course. Même si c’est probablement difficile de courir professionnellement. Mais nous avons un cerceau, un ballon, des massues, un ruban et d’autres équipements de gymnastique.

Je suis fatiguée de la routine journalière, pendant 20 ans je suis venue à la salle de gymnastique, fait mes exercices et suis partie. Je ne peux toujours pas mettre mon réveil à 7h30, parce que pendant 10 ans j’ai commencé mes classes à 8h30. Et maintenant, je ne cherche pas vraiment… mais entraîner c’est bien, la TV c’est quelque chose de nouveau ; cependant, le monde est rempli d’autres choses intéressantes. J’ai toujours été ambitieuse. Depuis l’enfance, je voulais être la première – en gymnastique ou même en dessin. J’aimais beaucoup dessiner, et j’ai essayé de le faire bien. Mais j’ai vu que je perdais contre d’autres artistes, donc je me suis concentrée sur la gymnastique quand j’ai réalisé que je pouvais atteindre certains buts.

Avez-vous déjà eu envie de commencer votre propre école de gymnastique ? Une école nommée après Staniouta, semble être quelque chose de cool.

J’aimerais beaucoup. Je n’ai pas encore travaillé dans cette direction, mais je sais que ce n’est pas aussi facile que ce qu’il semble. J’ai eu une idée de la sorte avant même avoir terminé ma carrière – de créer une école pour tout le monde. C’est une chouette direction à prendre. Par exemple, une telle école serait un endroit super non seulement pour les enfants, mais aussi pour ceux qui ne faisait pas ça depuis leur enfance, n’importe qui qui souhaite essayer. Quelques enfants de trois ans peuvent dire « maman, j’ai envie d’aller à la gymnastique rythmique ». Par conséquent, j’aimerais créer un endroit où les femmes pourraient réaliser leurs rêves, juste pour elles. Par exemple, à Moscou il est populaire de créer des écoles privées pour la gymnastique pour tous. Ceci est, je combinerais afin d’avoir des groupes professionnels et des groupes amateurs. Il faut comprendre que pour une école de la sorte, il est nécessaire de trouver l’endroit approprié avec les dimensions correctes du plafond, des murs, avoir des miroirs etc. De plus, il faut beaucoup de papiers administratifs. Mais en général, j’aimerais ouvrir une école comme ça. Par ailleurs, en Espagne ou aux USA c’est assez courant.

Est-ce qu’il y a des moments de votre vie que vous changeriez si vous en aviez la possibilité ? Des regrets ?

Ça dépend des conditions, mais il y a quelques moments. Si je pouvais retourner 10 ans en arrière avec l’expérience que j’ai maintenant, j’aurais changé des moments du processus d’entraînement ou dans des relations personnelles afin d’éviter certaines erreurs. Bon, globalement, je ne changerais rien. Nous grandissons tous et faisons tous des erreurs. J’espère que je ne suis pas en train de devenir vieille, mais que je deviens plus sage – a noté Melitina avec un sourire.

Habituellement, comment célébrez-vous la nouvelle année ?

Pour moi, le 31 décembre a toujours été le jour le plus magique de l’année. Je l’ai attendu encore plus que mon anniversaire et encore, je vais probablement continuer à l’attendre plus. Dans mon enfance, ma maman me disait qu’une femme ne devrait pas préparer des salades et ensuite s’asseoir à la table pour manger. Non, Nouvel An, selon moi n’est pas pour cela. Donc, depuis l’enfance, nous quittons notre maison le matin et revenons seulement le soir, littéralement 2h avant la nouvelle année. Je me souviens qu’on allait au cirque ou au cinéma pour voir le film « L’ironie du sort ». J’aime beaucoup aller à l’orchestre philarmonique, ceci est déjà une tradition pour nous. Ça me met d’humeur magique. J’aime beaucoup le travail du directeur, Alexander Anisimov. Il crée une atmosphère amicale et plaisante. Après le philharmonique nous rendons visite à des amis, félicitons les membres de notre famille, et ensuite nous rentrons à la maison pour célébrer la Nouvelle Année.